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« À LA HUNE » est une sélection bibliographique dont l’objectif est de
« veiller » et de rendre compte de l’actualité du domaine maritime,
principalement selon une approche « Défense ». Cette parution mensuelle
rassemble des articles nationaux aussi bien qu’internationaux.
Sélectionnés par les chargés d’études du
Centre d’études supérieures de la Marine
(CESM), ces articles sont classés par thèmes :
« politique et doctrine », « marines de guerre »
 
et
« industrie navale & domaine maritime » .
Pour chacun de ces thèmes, les
articles sont présentés par ensemble
géographique (France, Europe, Améri-ques,
Moyen-Orient / Asie / océan Indien, Asie-
Pacifique / Océanie et Afrique) ou par
concepts, en fonction de l’actualité.
Ces articles sont consultables sur place et,
pour plus d’informations les concernant, vous
pouvez nous contacter en précisant leurs
références, aux adresses électroniques
suivantes :
 
cesm.cedoc@marine.defense.gouv.fr
 
(internet)
delphine.richard@marine.defense.gouv.fr
 
ou
rio.bray@marine.defense.gouv.fr
 
(intradef)
De plus, le CESM met à la disposition des
publics civil et militaire, différents produits tels
que
Le Bulletin d’études de la Marine , les
Brèves Marine
 
et les Études , consultables à
l’adresse suivante :
www.cesm.marine.defense.gouv.fr/
Le Centre d’études supérieures de la Marine, implanté
dans l’École militaire au 1 place Joffre à Paris
(75 007) est ouvert au public du lundi au jeudi de 9 h
à 17 h 45 et le vendredi de 9 h à 17 h.
2
SOMMAIRE
POLITIQUE ET DOCTRINE 4
EUROPE 4
Une bataille toujours d’actualité après toutes ces années (
Still relevant after all these
years
 
) 4
ASIE 4
La piraterie – presque- sous contrôle en Asie orientale 4
Les Philippines sur la « ligne de front » 4
Les communications maritimes dans la région Asie-Pacifique (
Maritime communications
in the Asia-Pacific region
 
) 4
Tokyo et Washington redéploient leurs forces afin de mieux contrer la Chine 5
La stratégie chinoise du « fait accompli » 5
MOYEN-ORIENT 5
Repenser le Détroit d'Ormuz (
Rethinking the Strait of Hormuz) 5
On ne ferme pas si facilement le détroit d’Ormuz (
One does not simply “close” the strait
of Hormuz)
 
6
ÉTATS-UNIS 6
Quelle stratégie américaine pour l’océan Indien ?(
Defining U.S. Indian Ocean Strategy) 6
La stratégie américaine de l’Air Sea Battle : un concept lorgnant sur l’Iran (
Complex
U.S. Air Sea Battle strategy keeps eye on Iran
 
) 6 Les services hydrographiques (Hydographic services) 7
Le siècle naval à venir (
The coming naval century) 7
Compagnons d’infortune (
Shoal mates) 7
MARINES DE GUERRE 8
AFRIQUE 8
La marine sud-africaine et la sécurité maritime africaine (
South African Navy and african
maritime security
 
) 8
ASIE 8
Les capacités amphibies australiennes (
Australian amphibious capability) 8
L’Australie reporte l'arrivée des F-35, mais soutient son programme de force sousmarine
(
Australia Defers F-35s, Launches Future Sub) 8
Australie : attention au trou capacitaire sur les sous-marins (
Mind the gap : getting
serious about submarines
 
) 9 La classe « Hobart » : les destroyers Aegis australiens deviennent réalité
(« Hobart »
class air warfare destroyer : Australia’s Aegis destroyer becomes reality
 
) 9 La marine royale malaise en 2012 (
Royal Malaysian navy 2012) 10
Les opérations amphibies en Asie : quelles capacités régionales ? (
Asian amphibious
operations: regional capabilites
 
) 10
Les Chinois jouent un rôle clé dans les projets navals du Pakistan (
Chinese play ket role
in Pakistan’s new naval projects
 
) 10
AMÉRIQUES 11
La marine américaine revoit sa façon de compter les navires (
U.S. Navy reviews how to
count its ships
 
) 11
L’US Army optimise ses systèmes sans pilote 11
Le besoin, les coûts et les bénéfices de la présence navale canadienne dans l’océan
Arctique (
The need, costs and benefits of a Canadian naval presence in the Arctic) 12
Prendre soin des LCS (
Taking care of LCS) 12
3
Des bâtiments d’attaque rapides pour répondre à l’importance croissante des opérations
littorales (
Fast attack craft : increasing importance for littoral water operations) 12
Dragage : la marine américaine se penche sur la lutte anti-mines (
Dragging under: US
addresses MCM
 
) 13
La marine américaine réorganise les forces côtières d’après-guerre (
US navy reorganizes
post-war riverine forces
 
) 13
EUROPE 13
La Norvège va mettre sur pied des unités d'élite pour ses opérations dans l’Arctique
(
Norway shapes elite unit for arctic operations) 13
La Turquie a-t-elle besoin d’un porte-avion ? 13
La marine russe dans l’oeil du cyclone ? (
Russia’s navy : a fair wind into the storm ?) 14
INDUSTRIE NAVALE ET DOMAINE MARITIME 15
Arctique : l’augmentation inéluctable du trafic 15
Les outils défensifs pour les navires marchands : quelles solutions sont envisageables
pour les défendre contre les attaques pirates ? (
Defensive tools for merchant vessels :
which solutions are available to defend against pirate attacks ?
 
) 15
Le phénomène somalien se répand au Nigéria 15
Les pêcheurs hostiles au « zéro rejet » 15
Un océan d’inquiétudes (
An ocean of troubles) 16
4
POLITIQUE ET DOCTRINE
EUROPE
Une bataille toujours d’actualité après toutes ces années (
 
Still relevant after all these
years
 
 
)
La guerre des Malouines est la première guerre moderne d’anti-accès. Elle a en effet opposé
une puissance mondiale, le Royaume-Uni, face à une puissance régionale, l’Argentine,
disposant d’un équipement moderne et de pilotes bien entraînés. Les enseignements de cette
guerre de six semaines sont toujours d’actualité et très pertinents face aux stratégies de déni
d’accès qui pèsent sur les points chauds du monde (détroit d’Ormuz, mer de Chine du Sud…).
L’article se divise en deux grandes parties : une première qui retrace et analyse les
évènements du conflit, une seconde qui en retire la « substantifique moelle » et les leçons afin
de mieux s’adapter à des conflits similaires. Les enseignements qu’il retire de ce conflit, en se
basant sur des exemples pratiques, sont l’importance d’un équilibre entre l’entraînement des
troupes, la technologie employée et les effectifs engagés. Il ne faut pas non plus minimiser les
menaces et axer ses réactions sur les capacités ennemies plutôt que sur les volontés politiques
du moment. Enfin, la guerre sous-marine ne devrait pas être sous-estimée, car elle peut être un
facteur de victoire.
PROCEEDINGS, Cder GRIFFIN, Jim, Mai 2012, Code CESM
ASIE
La piraterie – presque- sous contrôle en Asie orientale
Tandis que la situation semble s’améliorer en Asie du Sud et une grande partie de l’Asie du
Sud Est, l’Indonésie connaît une recrudescence d’attaques. Des incidents ont ainsi eu lieu
dans les détroits de Malacca et de Singapour et avaient essentiellement pour but le vol de
marchandises. Les ports et mouillages indonésiens semblent être les bases privilégiées pour
les pirates. Il a par ailleurs été noté à plusieurs reprises que des navires de commerce aient
confondu des pêcheurs locaux avec des pirates.
DIPLOMATIE, FRECON Éric, 05/2012, pp. 51-53, code CESM
Les Philippines sur la « ligne de front »
Il existe depuis quelques mois des tensions très fortes entre Manille et Pékin. Les Philippines
sont sans aucun doute le pays le plus enclin à répondre à la politique agressive de la Chine
dans la zone. Déjà, lors du sommet de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est
(Asean), le président philippin avait appelé de ses voeux à une alliance de ses homologues
contre la Chine, en parlant de «
front de résistance ». Pour beaucoup, les confrontations en
Asie du Sud-Est s’expliquent par la présence de ressources marines énergétiques. Dans le cas
des tensions sino-philippines, le récif de Scarborough est au coeur du conflit. Et dans les eaux
entourant cet atoll, il est estimé que jusqu’à 213 milliards de barils de pétrole pourraient être
contenus, soit 80% des réserves de l’Arabie saoudite. La maîtrise de cet espace marin,
devenue critique, devra forcément passer par la maîtrise sous-marine.
LE MONDE GEO&POLITIQUE, PHILIP, Bruno, p.5, 14/05/2012, Code CESM
Les communications maritimes dans la région Asie-Pacifique (
 
Maritime communications
in the Asia-Pacific region
 
 
)
Pour un bâtiment en pleine mer, les moyens de communication sont essentiels. Ils permettent
de transmettre les informations relatives aux missions, de rendre compte, de capter les
éventuels appels au secours… Ces moyens de communication sont mis à rude épreuve par le
domaine maritime (du fait du climat, des interférences, de la distance, etc.). Des systèmes de
5
communication ont donc été développés dans le but de pérenniser un contact avec la terre.
L’article fait un inventaire des différents moyens de communication utilisés par les marines
dans la zone Asie-Pacifique, en décrivant de façon précise leurs caractéristiques. Il est
résolument technique, s’adressant à un public plutôt averti.
ASIAN MILITARY REVIEW, BADDELEY, Adam, pp.13-20, APRIL/MAY 2012, Code CESM
Tokyo et Washington redéploient leurs forces afin de mieux contrer la Chine
La politique étrangère nippone est en pleine mutation. En cause, le déploiement militaire
chinois en mer de Chine du Sud, mais aussi l’attitude de plus en plus agressive de la Corée du
Nord. Face à ces problèmes, un rapprochement avec les États-Unis va de soi, puisque les
intérêts américains semblent contrariés par les projets d’expansion chinoise. La Corée du Sud
est également intéressée par une alliance, car elle se sent directement menacée par l’attitude
de Pyongyang, et le premier ministre, un conservateur, est dans une position de fermeté face
au Nord. Ce faisceau d’intérêts communs favorise l’émergence d’un axe Séoul-Tokyo-
Washington, qui travaillerait à une architecture de défense antimissile similaire à celle de
l’OTAN en Europe.
LE MONDE GEO&POLITIQUE, MESMER, Philippe, p.6, 13-14/05/2012, Code CESM
La stratégie chinoise du « fait accompli »
L’article propose de donner une vue d’ensemble de la stratégie chinoise en mer de Chine du
Sud, qui y est qualifiée de stratégie du « fait accompli ». Par ce terme, l’expert naval interrogé
par
Le Monde décrit une politique maritime chinoise selon laquelle la Chine ne fait pas
intervenir directement sa marine. Elle multiplie par exemple l’usage de moyens indirects, tels
que les forces paramilitaires, le bureau des pêches, ou les douanes. Parallèlement, elle
encourage les pêcheurs à aller de plus en plus loin, ce qui est une façon d’occuper l’espace
maritime. Si juridiquement les ambitions de Pékin en ce qui concerne la mer de Chine du Sud
sont contestables, celles-ci seraient justifiées par les « droits historiques » qu’a la Chine sur
cette zone. Ces droits se basent sur une règle non dite, celle du
tianxia (« sous le ciel »), c’està-
dire « le système tributaire au centre duquel se trouvait l’empire céleste en Asie ». En
somme, il s’agirait de revenir au mythe d’une Chine impériale toute puissante et unie.
LE MONDE GEO&POLITIQUE, PEDROLETTI, Brice, p.4, 13-14/05/2012, Code CESM
MOYEN-ORIENT
Repenser le Détroit d'Ormuz (
 
Rethinking the Strait of Hormuz)
En cas de conflit avec l’Iran, les leçons tirées du conflit entre Israël et le Hezbollah en 2006
pourraient être utiles. La particularité de cette guerre se situe dans la combinaison de
méthodes conventionnelles et non conventionnelles. L’auteur développe alors une stratégie à
suivre en trois points. Il s’agit d’abord de maintenir le détroit ouvert aux navires de
commerce, quel que soit le niveau de la menace. L’US Navy dispose en effet de forces
suffisantes pour assurer le passage de navires y compris en cas de conflit. Ces dernières
années, la marine iranienne a renforcé ses capacités «
anti-access/area-denial », qui sont
aujourd’hui déployées dans plus de 70 ports sur une côte longue de 1300 miles. Bien qu’elle
soit capable de mettre en difficulté les navires de guerre les plus modernes, elle ne saurait
tenir tête assez longtemps à l’US Navy. La marine américaine peut en effet déployer des
navires américains sur zone, appuyés par des tirs à terre affaiblissant les capacités iraniennes.
PROCEEDINGS, DOLAN Daniel, p.40-46, 05/2012, code CESM 34962
6
On ne ferme pas si facilement le détroit d’Ormuz (
 
One does not simply “close” the strait
of Hormuz)
Beaucoup de voix s’élèvent pour contester les capacités de l’Iran à fermer le détroit d’Ormuz,
tant la différence de puissance entre la marine iranienne et la marine américaine est
importante. Mais ces contestations ne tiennent pas suffisamment compte d’une arme
redoutable : les mines. L’Iran dispose d’un stock de mines important (3 à 5000) et seulement
300 seraient nécessaires pour effectivement bloquer le détroit d’Ormuz. Mais ce n’est pas tant
l’arme que l’absence de capacités de déminage sérieuse qui fait que les États-Unis y sont
particulièrement vulnérables. Car actuellement, les moyens dont dispose la marine américaine
sont chronophages et impliquent une trop grande proximité des chasseurs de mines de la zone
dangereuse. Les mines pourraient donc renverser le rapport de force entre l’Iran et les États-
Unis, ces derniers n’étant qu’au premier stade du développement de capacités de déminage
efficaces.
CANADIAN NAVAL REVIEW, CHOI, Timothy, Vol 8, Number 1, Spring 2012, Code CESM
ÉTATS-UNIS
Quelle stratégie américaine pour l’océan Indien ?(
 
Defining U.S. Indian Ocean Strategy)
Sur le plan géopolitique, l’océan Indien diffère de l’océan Pacifique ou des Caraïbes. En effet,
de nombreuses menaces à la sécurité internationale y sévissent, qu’il soit question de piraterie,
de dangers pour les routes du pétrole, de ressources hauturières, d’impact climatique pour les
îles de la zone, ou de trafic de drogues ou de personnes. Cet espace maritime aux
problématiques plurielles et complexes devient progressivement stratégique pour les États-
Unis, et ce pour trois raisons. Premièrement, il est primordial pour le commerce international
et donc pour les États-Unis de sécuriser l’« autoroute » maritime qu’est l’océan Indien, afin
d’y assurer la libre circulation pérenne des marchandises. En second lieu, il est nécessaire
d’assurer la liberté de navigation dans les goulets d’étranglement que sont le détroit d’Ormuz,
le détroit de Malacca, et la mer de Chine du Sud. Enfin, la dernière raison pour laquelle
l’océan Indien a de l’importance, c’est qu’il pourrait devenir le théâtre d’un conflit entre deux
puissances régionales, la Chine et l’Inde. Les possibilités d’un tel affrontement dans la zone
restent improbables à court terme : la Chine ne dispose pas encore d’une marine pouvant
supporter un combat naval de longue durée loin de ses côtes. De plus, l’attention de l’Empire
du Milieu reste trop chevillée à la question taiwanaise, ou encore aux tensions dans la mer de
Chine du Sud. Il n’y a donc pas de menaces suffisamment grandes pour déstabiliser cet espace
maritime. Pourtant, les intérêts américains y sont trop importants et mériteraient que les États-
Unis définissent une véritable stratégie pour l’océan Indien.
THE WASHINGTON QUARTERLY, GREEN, Michael J., SHEARER, Andrew, Spring 2012, Code
CESM
La stratégie américaine de l’Air Sea Battle : un concept lorgnant sur l’Iran (
 
Complex
U.S. Air Sea Battle strategy keeps eye on Iran
 
 
)
L’amiral Jon Greenert, chef des opérations navales, a dévoilé en détail le concept d’Air Sea
Battle (ASB), cher aux États-Unis. Comme toute stratégie militaire, l’ASB vise à obtenir la
victoire en cas de conflit. Néanmoins, la concentration des moyens employés et la technologie
utilisée la rendraient dévastatrice. Elle s’appuierait notamment sur des moyens navals et
aériens, comme l’indique son nom, mais mobiliserait aussi l’armée de terre, les forces sousmarines,
l’espace et le cyberespace. C’est cette hybridité des moyens utilisés de concert qui
fait aussi la force de « l’Air Sea Battle ». Or, pour les analystes, ce concept semble avoir été
créé dans le seul but de défaire les stratégies d’anti-accès ou de déni d’accès iranienne et
chinoise. Dans un billet publié le 10 mai sur son blog, l’amiral Jon Greenert avait en effet pris
7
en exemple l’éventuelle fermeture d’un détroit par une marine qui aurait recours à des
patrouilleurs rapides, des mines, des missiles de croisière, et des mini-sous-marins. L’ASB
permettrait de s’en défaire.
DEFENSE NEWS, 11/05/2012, Code CESM
Les services hydrographiques (Hydographic services)
Les services hydrographiques ont et conserveront une importance capitale pour les marines du
monde. En effet, le besoin d’une connaissance fiable, précise et actualisée de l’environnement
maritime dans lequel évoluent les bâtiments est une condition
sine qua non pour une mission
bien réussie. Or, il appartient aux services hydrographiques de réduire la part d’incertain et
d’inconnu face à un environnement maritime toujours complexe, sous l’influence de facteurs
aussi divers que le climat, les courants, le vent… Ainsi, l’ hydrographie s’enrichit de
connaissances en provenance de sciences diverses (la météorologie, l’océanographie, la
géographie, la géologie, etc.). Ces connaissances sont de plus en plus recherchées par les
marines dans l’exercice de leur mission dans le cadre d’un REP (
Recognized Environmental
Picture
 
), c’est-à-dire un renseignement sur l’environnement de la mission. L’article détaille
par la suite les besoins des marines et comment l’hydrographie peut y répondre, notamment
dans un monde où les opérations amphibies ou interarmées ont de l’importance. En outre,
l’alimentation constante d’une base de données permet à tout moment de définir les contours
de la mission. Enfin, si le besoin de connaître et d’accumuler du renseignement sur
l’environnement de la mission est capital, il est tout aussi capital de le diffuser et de le mettre
à disposition des forces navales. D’où la suggestion, d’une approche basée sur la mise en
réseau des données récupérées.
NAVAL FORCES, NITSCHKE, Stefan, p.33-40, NO.II/2012, Vol.XXXIII, Code CESM
Le siècle naval à venir (
 
The coming naval century)
Les engagements quasi simultanés en Irak et en Afghanistan ont épuisé les forces qui doivent
désormais se reconstituer. L’armée américaine est aujourd’hui à un tournant de son histoire :
confrontés à de nouveaux défis, les États-Unis doivent penser leur stratégie en prenant en
compte les contraintes budgétaires. Les coupes à venir resteront néanmoins inférieures à
celles qui ont suivi la Guerre froide. Les États-Unis continueront d’être l’armée la plus
puissante du monde, et ce même après la période de vaches maigres. Les capacités militaires
seront maintenues afin de pouvoir conduire des opérations de grande envergure dans des
théâtres éloignés. Le XXIe siècle sera enfin marqué par l’âge d’or du
seapower américain, au
sein duquel la marine jouera un rôle primordial pour la préservation des intérêts du pays.
PROCEEDINGS, p.24-30, 05/2012, code CESM 34963
Compagnons d’infortune (
 
Shoal mates)
Les Philippines et la marine américaine ont récemment mené un exercice naval conjoint afin
de reconquérir une petite île philippine tombée aux mains de l’ennemi. Ce scénario simulait
clairement une attaque chinoise. Les États-Unis ont un traité de défense mutuelle avec les
Philippines qui pourrait implicitement garantir leur protection en cas d’attaque chinoise sur
l’une de ses îles. La Chine a affirmé que la conduite de tels exercices augmentait le risque de
confrontation, et ce alors que des tensions existent déjà quant à la souveraineté des îlots de
Scaborough. Un récent rapport de l’
International Crisis Group affirme cependant que ce
comportement s’explique par la volonté de certains corps d’état de justifier les fonds utiles à
leur modernisation, en l’occurrence la marine chinoise. La réaction du ministre des Affaires
étrangères, qui a remplacé le navire de guerre présent sur la zone conflictuelle par bâtiments
de patrouille civile afin d’apaiser les tensions soutient cette thèse. Cela n’a néanmoins pas
empêché d’autres incursions de vaisseaux chinois réfractaires aux orientations ministérielles.
THE ECONOMIST, pp.46-47, 28/04/2012, code CESM
8
MARINES DE GUERRE
AFRIQUE
La marine sud-africaine et la sécurité maritime africaine (
 
South African Navy and
african maritime security
 
 
)
L’Afrique du Sud, qui possède la marine la plus développée du continent, n’a joué qu’un rôle
mineur pour assurer la sécurité maritime dans la région. Ce positionnement est pour le moins
surprenant compte tenu de son activisme diplomatique sur le continent : l’Afrique du Sud a en
effet envoyé des casques bleus et offert ses services de médiation au cours de nombreux
conflits africains. L’effort naval le plus important à ce jour est le déploiement d’une patrouille
conjointe entre les pays de la SADC en 2009 afin d’assurer une mission de lutte contre la
piraterie. Pourquoi l’Afrique du Sud montre-t-elle si peu d’intérêt pour sa marine ? Son rôle
historique de « gardienne de la route du Cap » a été utilisé par les Américains pour contrer les
avancées navales soviétiques durant la Guerre froide. Ses frégates et sous-marins ont ainsi été
conçus pour des missions de « contre-marine » et non de garde-côtes. Il existe donc un
décalage entre les défis maritimes auxquels doit faire face l’Afrique du Sud et ses moyens. Le
tempo opérationnel des déploiements de forces sur le continent a par ailleurs éloigné la
marine des priorités budgétaires de la Défense. Ce désintérêt chronique pourrait néanmoins
être corrigé : la récente adoption d’une stratégie maritime et le projet d’achat de patrouilleurs
entrent dans cette dynamique. La marine sud-africaine a notamment besoin de bâtiments
modestes, capables de remplir des missions de garde-côtes.
NAVAL WAR COLLEGE REVIEW, BAKER Deane-Peter, pp.145-160, 05/2012, code CESM
ASIE
Les capacités amphibies australiennes (
 
Australian amphibious capability)
L’article est un plaidoyer pour améliorer les capacités amphibies du Canada. Pour ce faire, il
prend en exemple l’Australie et ses forces amphibies. Par le passé, les forces australiennes ont
en effet pu utiliser au mieux leurs moyens de projection, pour des raisons humanitaires ou sur
des théâtres d’opérations. L’achat de deux porte-hélicoptères de classe
Canberra pour un prix
de 100 millions de dollars est une affaire, au vu des capacités de ces navires. La Royal
Canadian Navy (RCN) avait déjà réfléchi à l’acquisition d’un bâtiment amphibie. Certes, le
contexte financier est plutôt défavorable, mais l’article encourage fortement la Marine à s’en
doter.
CANADIAN NAVAL REVIEW, THOMAS, Doug, pp.37, VOLUME 8, Number 1 (Spring 2012), Code
CESM
L’Australie reporte l'arrivée des F-35, mais soutient son programme de force sousmarine
(
 
Australia Defers F-35s, Launches Future Sub)
A la suite du nouveau livre blanc de la Défense paru le 3 mai, à Canberra, le pays va
repousser de deux ans la livraison de douze avions de chasse. Deux autres seront livrés
comme prévu en 2014 aux États-Unis où ils seront d'abord testés. Cette disposition va
permettre une économie de 1,7 milliard de dollars sur le budget fédéral. L’Australie sera ainsi
alignée sur l'emploi du temps de l’U. S. Air Force. De plus, 214 millions de dollars australiens
vont être attribués au financement de la prochaine étape du programme du futur sous-marin.
9
Le nouveau livre blanc entrera en vigueur en 2013, un an avant la date prévue. Selon le
premier ministre australien, Julia Gillard, la crise financière mondiale et ses impacts ont rendu
nécessaire une mise au point sur les accords de défense. Les budgets de défense des
partenaires clés de l'Australie et de ses alliés vont aussi être rediscutés. En dépit de la
réduction des dépenses, suite au contexte financier défavorable, Julia Gillard a confirmé le
maintien des projets de la Défense.
DEFENSE NEWS, PITTAWAY, Nigel, 07/05/2012, p.14, Code CESM
Australie : attention au trou capacitaire sur les sous-marins (
 
Mind the gap : getting
serious about submarines
 
 
)
Le livre blanc australien de la Défense de 2009 avait prévu, dans le cadre de son projet
Force 2030, d’assurer le remplacement des sous-marins type
Collins et de doubler la force
sous-marine australienne. Ce projet ambitieux semble très mal engagé. En effet, les sousmarins
de classe
Collins que la marine australienne utilise actuellement sont vieillissants et
inefficaces sur le plan opérationnel. Mais leur succession est problématique et une seule
alternative est possible : l’acquisition de sous-marins nucléaires de type
Virginia auprès des
Américains ou l’achat d’un sous-marin à propulsion classique disponible immédiatement. Or,
ces deux propositions ne sont pas satisfaisantes selon le ministre de la Défense australien. La
première impliquerait une perte d’autonomie pour l’Australie qui ne dispose pas d’industrie
nucléaire pour entretenir, réparer et maintenir des bâtiments utilisant ce type d’énergie. La
seconde n’est guère mieux, puisqu’aucun sous-marin à propulsion classique existant ne peut
répondre aux critères d’autonomie et de furtivité tels qu’ils ont été exposés dans le Livre
blanc. Et le temps presse : il est désormais impossible pour l’Australie de faire construire des
sous-marins qui satisferaient leurs exigences avant que les
Collins ne soient retirés du service
actif. Une ultime solution serait de rallonger le cycle de vie de ces derniers, afin de pouvoir
construire un sous-marin qui répondrait aux exigences de la Royal Australian Navy (RAN).
Mais cette dernière reste fortement hypothétique. En effet, les
Collins ont connu un nombre si
important de problèmes d’ordre technique qu’à l’heure actuelle, personne n’est capable de
déterminer avec exactitude jusqu’à quel point on peut préserver leur durée de vie. Or, s’il est
impossible de la rallonger, l’Australie risque le trou capacitaire. Cette hypothèse serait
désastreuse pour une marine australienne qui a déjà du mal à recruter et à préserver les
capacités de sa sous-marinade.
AUSTRALIAN STRATEGIC POLICY INSTITUTE, DAVIES, Andrews, THOMSON, Mark, Strategic
Insights, Avril 2012, Code CESM
La classe « Hobart » : les destroyers Aegis australiens deviennent réalité
 
(« Hobart »
class air warfare destroyer : Australia’s Aegis destroyer becomes reality
 
 
)
La marine australienne a décidé de se doter d’une défense antiaérienne modernisée grâce au
projet SEA 4000. Trois frégates classe
Oliver Hazard Perry seront retirés du service afin
d’être remplacées par trois destroyers classe
Hobart. Ces bâtiments seront dotés de missiles
Aegis
 
avec une portée d’environ 370 km. Le choix d’un tel système offre à l’Australie
l’opportunité de développer une défense antibalistique. Plusieurs entreprises australiennes,
telles que Raytheon Australia, sont impliquées dans la construction de ces navires. Ils sont
inspirés des frégates espagnoles F-100, avec des modifications significatives dans le design et
au sein des systèmes d’armes. Les capacités de lutte anti-sous-marines seront également
améliorées : en plus du
Variable Depth Sonar (VDS), le destroyer sera armé d’un système
SEA SENTOR dont les qualités sont déjà appréciées par la marine britannique. L’acquisition
de tels bâtiments tend à renforcer l’influence diplomatique et navale de l’Australie dans la
région, et notamment auprès de la Chine.
NAVAL FORCES, pp.69-75, 05/2012, code CESM
10
La marine royale malaise en 2012 (
 
Royal Malaysian navy 2012)
La configuration géographique de la Malaisie, au coeur de l’Asie du Sud-Est, la confronte à
des problématiques maritimes de première importance. Ainsi, elle est bordée par le détroit de
Malacca, ouverte sur la Mer de Chine du Sud et disposant de ressources marines dans sa ZEE.
Pour protéger ses intérêts stratégiques, Kuala Lumpur a donc besoin d’une marine capable,
moderne et entraînée dans un contexte de tensions toujours plus vives. La marine royale
malaise (RMN), comme beaucoup de marines de la zone, est donc en plein réarmement. Elle
dispose pour atout d’une flotte sous-marine en devenir, grâce notamment aux sous-marins
Scorpene
 
, vendus par la France en 2002, et dont le premier a été livré en 2009. Parallèlement,
la flotte de surface manque cruellement de bâtiments de premier rang (frégates, destroyers).
Conscient de ses faiblesses, la marine malaise est en phase d’acquisition de bâtiments
polyvalents à fort tonnage. La polyvalence est nécessaire dans la lutte contre la piraterie
somalienne par exemple, qui affecte les navires en partance de la Malaisie.
NAVAL FORCES, HOOTON, Ted, p.62-67, NO.II/2012, Vol.XXXIII, Code CESM
Les opérations amphibies en Asie : quelles capacités régionales ? (
 
Asian amphibious
operations: regional capabilites
 
 
)
L’article s’ouvre sur un bref descriptif de l’évolution des moyens amphibies en général. Cette
évolution met en avant le fait que l’hélicoptère est devenu le fer de lance des moyens
amphibies. À partir de ce constat, il se recentre sur l’Asie et les différents moyens que les
pays de la zone ont à leur disposition. On découvre ainsi qu’il y a une véritable course à
l’acquisition de bâtiments amphibies, ayant les capacités d’accueillir des hélicoptères et un
nombre important de troupes. L’Inde pourrait, par exemple, suivre la marine australienne en
achetant des bâtiments de type
Canberra ou en acquérant des Bâtiments de Projection et de
Commandement (BPC). Mais, paradoxalement, les opérations militaires classiques ne sont
pas l’objectif principal du développement des capacités amphibies dans la zone. Car avec un
nombre important d’îles et d’îlots, séparés par de grandes distances et l’absence de voies de
communication terrestres, le mouvement tactique des troupes est primordial. Un bâtiment
amphibie est donc l’un des moyens les plus appropriés pour des interventions humanitaires ou
médicales. Ce qui explique pourquoi les capacités amphibies en Asie se développent, même
chez les petites marines comme celle de la Nouvelle-Zélande.
ASIAN MILITARY REVIEW, HOOTON, Ted, p.50-56, APRIL/MAY 2012,Code CESM
Les Chinois jouent un rôle clé dans les projets navals du Pakistan (
 
Chinese play ket role
in Pakistan’s new naval projects
 
 
)
Dans le giron du rapprochement sino-pakistanais, les constructeurs chinois ont établi plusieurs
contrats de transferts de technologie avec les entreprises pakistanaises. Construit en Chine, la
frégate classe
Zulfiquar est le bâtiment le plus ambitieux de la marine pakistanaise. Le
premier avion d’attaque rapide
Azmat a également été construit par Tianjin Xingang Shipyard
en Chine. Un bâtiment d’entraînement, de soutien ainsi que de ravitaillement sont également
en projet.
WARSHIP TECHNOLOGY, p.32-33, 05/2012, code CESM
Missiles de croisière dans la région Asie-Pacifique (
 
Cruise missiles in Asia-pacific region)
Plus d’une douzaine de pays possèdent désormais des missiles de croisière, dont certains (la
Chine, le Pakistan, l’Inde et Taiwan) ont développé des capacités de construction indigènes.
Un missile de croisière confère une influence politique et militaire à des petits pays. Leur coût
peu élevé, leur maniabilité et leur disponibilité les rendent également très attractifs, voire
préférables aux missiles balistiques. Leur prolifération en Asie-Pacifique attire l’attention,
dans un contexte de tensions latentes entre l’Inde et le Pakistan, et entre la Chine et ses
voisins. La marine indienne utilise le
Brahmos depuis 2005 et une version modernisée devrait
11
équiper plusieurs frégates et destroyers dans les années à venir. Grâce à une coopération
russo-indienne, ce missile pourrait être le plus rapide du monde à l’avenir, en volant plus vite
que Mach 5. Le Pakistan s’est également armé de missile
Babur, d’une portée de 350 km. En
plus de ses missiles de construction russe, la Chine est une grande productrice de missiles aux
caractéristiques néanmoins floues. Taiwan, sous la menace de nombreux missiles chinois
pointés sur lui, a développé des systèmes d’armes de moyenne portée. La Corée et le Japon
misent sur cette arme et développent des systèmes de production indigènes. L’Australie utilise
le JASSM, un missile discret développé par l’US Air Force. D’autres pays asiatiques
possèdent de telles armes, mais se cantonnent aux missiles antinavires.
DEFENCE REVIEW ASIA, 05/2012, pp.18-21, code CESM
AMÉRIQUES
La marine américaine revoit sa façon de compter les navires (
 
U.S. Navy reviews how to
count its ships
 
 
)
Chaque fois que les technologies et les stratégies évoluent, les critères, qui déterminent à
quelle flotte se rapporte chaque bâtiment, évoluent. De façon traditionnelle, les bâtiments de
guerre font, bien entendu, partie des effectifs combattants de l’US Navy. Des bâtiments ayant
une vocation de support, comme les pétroliers-ravitailleurs, font partie de la flotte de soutien.
Mais qu’en est-il, par exemple, de bâtiments comme les chasseurs de mines ou encore les
patrouilleurs côtiers ? La marine américaine pense de plus en plus à intégrer ce type de
bâtiments dans les flottes de combat. L’article poursuit sur une interview du sous-secrétaire de
la Marine, Bob Work, qui estime que les critères de classification de la marine américaine
sont « dépassés ».
DEFENSE NEWS, CAVAS, Christopher P., p.18, 30/04/2012, Code CESM
L’US Army optimise ses systèmes sans pilote
L’armée américaine souhaite optimiser ses systèmes sans pilote. Elle entend notamment
accroître la concurrence entre constructeurs, nécessaire dans un contexte de restriction
budgétaire. Les nouveaux modèles devront être à la hauteur des attentes des militaires,
notamment en termes d’autonomie et d’intelligence. Les microdrones seront probablement
amenés à se développer : le but étant que chaque unité soit capable d’identifier le danger dans
son environnement proche grâce à ces engins. Les
Shadow devraient également être équipés
de moteurs diesel. De nouveaux systèmes composés de plusieurs drones capables de
communiquer entre eux seront développés. Un pilote d’hélicoptère
Apache pourrait contrôler
un ou plusieurs drones. Un drone à décollage et atterrissage verticaux est actuellement en
projet.
FOUCAULT Charles, AIR & COSMOS, 04/05/2012, pp.30-31, code CESM 34964
La lutte anti-mines : combattre le tueur oublié (
 
Mine coutermeasures : fighting the
forgotten killer
 
 
)
Les marines ont tendance à oublier le danger que représentent les mines, ce alors que les
frégates HMS
Brocklesby et Bangkor ont découvert des mines au large de Misrata et de
Tobruk en Libye pas plus tard que l’année dernière. Les drones filoguidés (ou
Remotely
Operated Vehicle
 
–ROV) sont désormais incontournables dans les opérations de lutte antimines.
Ces engins sont notamment utilisés par les marines européennes, tandis que la marine
américaine se focalise sur les moyens aériens. La technologie civile, développée par les
industries pétrolières, offre des perspectives intéressantes pour la lutte anti-mines : le sonar
latéral et la fibre optique, qui améliorent la qualité des images, en font partie. Les
Littoral
Combat Ship
 
américains seront équipés de drones dédiés à la détection et à la neutralisation de
mines. La France et le Royaume-Uni mènent quant à eux des programmes de recherche
12
ambitieux sur la question. Ce domaine de lutte tend à gagner quelques places dans la liste des
priorités des états-majors, il reste désormais à prouver que les systèmes développés seront
efficaces sur un théâtre.
WARSHIP TECHNOLOGY, pp.23-25, 05/2012, code CESM
Le besoin, les coûts et les bénéfices de la présence navale canadienne dans l’océan
Arctique (
 
The need, costs and benefits of a Canadian naval presence in the Arctic)
La doctrine canadienne sur la sécurité maritime dans l’océan Arctique entre dans une ère
nouvelle. Le réchauffement climatique et une possible fonte des glaces amènent le Canada à
renforcer ses capacités maritimes dans la zone. Or, alors que la marine canadienne se
développe, elle se retrouve confrontée à deux défis. Le premier est celui de la compréhension
de l’Arctique en tant que nouveau théâtre. Les ressources naturelles disponibles, la fonte des
glaces, la revendication des espaces maritimes (par le biais de la Convention des Nations-
Unies sur le Droit de la Mer) sont autant de changements qui affectent l’Arctique et font
planer sur l’océan un avenir bien incertain en termes de sécurité. Le deuxième défi consiste
donc à trouver une réponse adaptée à l’émergence de ce nouveau théâtre, et au maintien de la
sécurité à l’intérieur de la zone. Cette réponse a été initialisée depuis 2005, avec la volonté
croissante de développer les capacités de surveillance et de renforcement de l’action de l’État
en mer. L’AOPS (Arctic Offshore Patrol Ships), ou patrouilleur hauturier arctique, est le fer
de lance de cette politique arctique. Plutôt éloignée de la conception traditionnelle de navire
de guerre, il y a eu de nombreux débats quant à l’ajout ou non d’un canon sur ce dernier.
Mais, dans l’absolu, l’acquisition de ces nouveaux patrouilleurs amènera indubitablement la
marine canadienne à axer sa stratégie vers le Nord.
CANADIAN NAVAL REVIEW, HUEBERT, Rob, Vol 8, Number 1, Spring 2012, Code CESM
Prendre soin des LCS (
 
Taking care of LCS)
Le
Littoral Combat Ship (LCS) présente une approche originale de la guerre navale,
notamment par la petite taille de son équipage. La charge de travail individuelle nécessite
donc d’être revue et repensée à la lumière des nouvelles fonctions développées sur le
bâtiment. La maintenance est également adaptée : lors de ses déploiements, l’USS
Freedom
peut compter sur les structures traditionnelles afin d’assurer la maintenance. Les défauts
remarqués sur les premiers modèles de la classe sont par ailleurs corrigés au fur et à mesure
des constructions. Ainsi, si un problème est détecté sur le LCS 1 ou 2, il peut être résolu sur le
LCS 4 ou 5, ce qui est totalement inédit. Un système permet également de « prendre le
pouls » du bâtiment en continu et transmettre les informations en temps réel aux équipes de
maintenance. Il est désormais possible d’identifier un matériel qui se dégrade et donc
d’anticiper une panne.
SEAPOWER, BURGESS RICHARD R., 05/2012, pp.14-17, code CESM
Des bâtiments d’attaque rapides pour répondre à l’importance croissante des opérations
littorales (
 
Fast attack craft : increasing importance for littoral water operations)
Les avantages tactiques de ces bâtiments relativement modestes sont leur versatilité, leur
grande vitesse, leur capacité de frappe, leur excellente manoeuvrabilité, le petit gabarit ainsi
que leur grande immunité face aux mines. Ses inconvénients sont peu nombreux : un bâtiment
d’attaque rapide ne peut rester très longtemps en mer et reste vulnérable aux attaques
aériennes (comme les frégates légères et les patrouilleurs). De l’attaque d’un bâtiment de
surface au débarquement de troupes d’opérations spéciales, les missions qu’ils peuvent
remplir sont larges. Les caractéristiques techniques des bâtiments d’attaques rapides les
rendent particulièrement efficaces. Parmi celles-ci, les caractéristiques techniques dont ils
sont équipés les rendent quasi indétectables. Ils sont principalement armés de torpilles, de
13
missiles et de canons. Leur déploiement peut être envisagé soit en soutien à un groupe naval,
soit indépendamment, par groupe de deux ou trois.
VEGO Milan, NAVAL FORCES, 05/2012, pp.22-32, code CESM
Dragage : la marine américaine se penche sur la lutte anti-mines (
 
Dragging under: US
addresses MCM
 
 
)
Le système de lutte anti-mines américain va évoluer, en passant des chasseurs de mines
Avengers
 
aux Littoral Combat Ship (LCS) armés de drones (filoguidés ou non) modernes.
Grâce à leur capacité de débarquement, ces bâtiments seront capables de détecter et de
neutraliser les mines dans les ports et sur les routes de commerce. Les capacités de lutte
s’intègreront comme des systèmes « modulables » intégrés au central opérations du LCS. De
nombreux progrès sont également faits dans la recherche sur les drones et les sonars. L’armée
américaine développe le
Remote Minehunting System (RMS) qui met en oeuvre un sonar Q20
embarqué sur hélicoptère ainsi qu’un
Remote Multi-Mission Vehicle (RMMV) également
capable de détecter une mine. Les premiers tests à la mer sont concluants malgré les
soubresauts budgétaires remettant en cause l’ampleur du programme. À ce jour, seul le LCS
Independance
 
est équipé de ces engins. Il faut désormais les tester dans des conditions
météorologiques difficiles et résoudre la question de leur ravitaillement à la mer par
hélicoptère. La marine américaine déploie par ailleurs des systèmes de détection de mines par
dragage à influence.
JANE’S INTERNATIONAL DEFENCE REVIEW, pp.44-51, 04/2012, code CESM
La marine américaine réorganise les forces côtières d’après-guerre (
 
US navy reorganizes
post-war riverine forces
 
 
)
Après leur déploiement sur le Tigre et l’Euphrate en Irak, les forces des « brown waters »
américaines connaissent de profonds changements. Une fusion entre les Maritime
Expeditionary Security Forces (MESF) et les forces côtières va entraîner la réduction du
nombre de troupes à 2 500 militaires d’active et 3 770 réservistes. Leurs compétences
comprennent les eaux littorales et intérieures. Quatre compagnies se partageront les « brown
waters » et les « green waters » américaines. Cette nouvelle composante devrait acquérir des
bâtiments neufs : un est déjà prévu et cinq sont en projet.
DEFENSE NEWS, CAVAS P. Christopher, p.4 et 7, 07/05/2012, code CESM
EUROPE
La Norvège va mettre sur pied des unités d'élite pour ses opérations dans l’Arctique
(
 
Norway shapes elite unit for arctic operations)
La décision de la Norvège de mettre sur pied un bataillon d’élite doté de capacités de réponse
rapide illustre l’intérêt grandissant que porte le pays à l’Arctique. Il pourra être déployé à terre
et en mer et en coopération ou indépendamment des autres composantes de l’armée
norvégienne. Les territoires arctiques représentent une grande partie des possessions
norvégiennes. L’armée entend ainsi devenir le leader mondial des opérations dans des
conditions arctiques. La Russie et la Norvège entretiennent une coopération importante afin
de maintenir leurs intérêts dans la région. Le bataillon arctique devrait être opérationnel d’ici
2013 et sera doté de moyens aériens (hélicoptères, drones, avions de combat et de
surveillance) ainsi que de frégates et de corvettes en soutien.
DEFENSE NEWS, O’ODWYER Gerard, 30/04/2012, p. 12, code CESM
La Turquie a-t-elle besoin d’un porte-avion ?
L’appel du chef de la marine turque à se doter d’un porte-avions d’ici 2032 a fait des vagues.
Le pays souhaiterait en effet acquérir une plateforme à décollage et atterrissage verticaux d’ici
14
une vingtaine d’années afin de renforcer son influence diplomatique et assurer sa sécurité. Le
budget manque néanmoins, et la pertinence d’un tel programme est remise en cause par de
nombreux observateurs. La Turquie devrait acheter un bâtiment de projection et de
commandement (BPC) construit par une entreprise nationale avec l’aide de contractants
étrangers. Les ambitions navales turques vont donc au-delà de cette acquisition en envisageant
la construction d’un porte-avions.
DEFENSE NEWS, ENGINSOY Umit, EGET BEKDIL Burak, 07/05/2012, p.13, code CESM
La marine russe dans l’oeil du cyclone ? (
 
Russia’s navy : a fair wind into the storm ?)
DCNS a commencé en France la construction des deux premiers Bâtiments de Projection et
de Commandement (BPC) russes en février 2012. Ces deux vaisseaux vont améliorer de
manière significative les capacités amphibies de la Russie. Cependant avec les 171 milliards
de dollars prévus pour sa modernisation, la marine russe doit faire face à un déficit chronique
de fonds. Les programmes de constructions militaires rencontrent de nombreuses difficultés :
les frégates
Amiral Gorshkov seront par exemple livrées avec trois ans de retard. La Russie
manque par ailleurs d’infrastructures industrielles adéquates. Enfin, la maintenance des sousmarins
nucléaires et diesel provoque des tensions quant au coût des opérations.
WARSHIP TECHNOLOGY, 05/2012, pp.18-20, code CESM
15
INDUSTRIE NAVALE ET DOMAINE MARITIME
Arctique : l’augmentation inéluctable du trafic
La fonte de la banquise pourrait entraîner, d’ici le milieu du siècle, la disparition des glaces à
la fin de l’été boréale (au mois de septembre). Elle se reformerait alors en hiver, plus fine et
moins solide qu’aujourd’hui. Les navires brises-glace et les installations offshores pourraient
naviguer et s’implanter plus facilement. Historiquement, la Russie souhaitait développer la
Route Maritime du Nord en faisant payer un droit de péage exorbitant (plusieurs millions
d’euros) afin de financer ses brise-glaces à propulsion nucléaire. Cette stratégie a eu peu de
succès. Le Canada n’a pas encore adopté de politique particulière en ce qui concerne ses
routes maritimes au nord et se contente pour le moment de contrôler le faible trafic existant.
L’avantage des routes maritimes arctiques est le raccourcissement du trajet Europe-Asie de
plusieurs milliers de kilomètres et la sécurité de ces routes, évitant ainsi de naviguer dans les
zones de piraterie. L’exploitation exponentielle de ces voies est néanmoins mise en doute.
L’augmentation du trafic semble inéluctable, mais il s’agira essentiellement de trafic de
destination.
MELENNEC Olivier, LE MARIN, p.2, 27/04/2012, code CESM
Les outils défensifs pour les navires marchands : quelles solutions sont envisageables
pour les défendre contre les attaques pirates ? (
 
Defensive tools for merchant vessels :
which solutions are available to defend against pirate attacks ?
 
 
)
Après avoir été quasiment éradiquée des eaux asiatiques, la piraterie est toujours très présente
dans l’océan Indien. Les pirates, embarqués à bord d’embarcations rapides, laissent de peu de
chances aux navires marchands de réagir. Malgré les différentes opérations de lutte antipiraterie
en cours, les marines déployées ne parviennent pas à assurer la sécurité des navires
marchands en transit. Face à cela, les armateurs ont muni leurs bâtiments de systèmes
d’autodéfense inédits, amélioré les systèmes de communication en cas d’urgence et préparé
l’équipage à d’éventuelles attaques. La présence de gardes privés à bord reste encore soumise
à caution, tant les législations nationales divergent. Plusieurs entreprises proposent désormais
des systèmes non létaux d’autodéfense, notamment des détecteurs de bruit et de mouvement,
des lasers éblouissants, etc.
ANNATI Massimo, NAVAL FORCES, pp.48-53, code CESM
Le phénomène somalien se répand au Nigéria
Le Bureau maritime international (BMI) a observé la baisse du nombre d’attaques pirates dans
le Golfe d’Aden. Le phénomène prend néanmoins de l’ampleur au large du Nigéria : les
attaques sont plus nombreuses et concernent des zones plus étendues. Sur onze attaques, six
se sont produites à plus de 70 miles des côtes (soit environ 140kms), laissant supposer
l’utilisation de bateaux mères pouvant mettre à l’eau de plus petites embarcations. Le BMI
met en garde les opérateurs dans la région quant à la violence de ces attaques.
DEISS Hervé, LE JOURNAL DE LA MARINE MARCHANDE, 27/04/2012, p.12, code CESM
Les pêcheurs hostiles au « zéro rejet »
Le projet de la commission européenne d’interdire les rejets en mer déclenche l’hostilité des
pêcheurs. Les quantités à rejeter seraient ainsi ramenées à terre. Cette mesure est jugée
irréaliste pour la profession qui revendique la mise en place d’une réduction progressive. Une
telle mesure implique en effet d’aménager les cales afin de pouvoir accueillir les quantités de
rejet en plus des captures. Le renforcement de la sélectivité est également une solution à
développer avec le soutien des pêcheurs et des élus locaux. L’Union européenne entend
16
néanmoins défendre sa politique malgré la grogne au Sommet sur le développement durable
de Rio+20 en juin 2012.
LE ROUX Sandra, LE MARIN, 04/05/2012, p.2, code CESM
Un océan d’inquiétudes (
 
An ocean of troubles)
En 1998, le phénomène
El Nino a entraîné la hausse de la température des eaux pacifiques.
Les récifs coralliens ont été durement touchés, et ce dans la quasi-indifférence. La mer reste
un domaine inconnu pour l’homme, car ses trésors sont hors de sa vue. L’agriculture
maritime, la surpêche et le changement climatique ravagent ce fragile écosystème. Les océans
changent à une vitesse inédite dans l’Histoire. Le réchauffement climatique réduit le taux
d’oxygène dans l’eau et rend les océans inhabitables pour un bon nombre d’espèces animales.
Si ce phénomène persiste, cela pourrait conduire à un cataclysme écologique. Les solutions
existent néanmoins et il n’est pas trop tard pour les appliquer.
THE ECONOMIST, pp.71-72, 12/05/2012, code CESM
Une place à la table des négociations : des voix s’élèvent aux États-Unis en faveur de la
ratification de la Convention de Montego Bay (
A seat at the table : Arguments intensify for
U.S. to join U.N. Law of the Sea Convention
 
) Les industriels ayant révisé leur position, le
Congrès pourrait voter pour la ratification de la Convention sur le droit de la mer lors de la
112e session. L’émergence de la Chine et les perspectives d'ouverture des routes
commerciales de l’Arctique rendent cette adhésion désormais indispensable. Alors que des
entreprises chinoises et russes bénéficient de permis d’exploration pour les métaux rares, les
entreprises américaines ne peuvent les concurrencer faute de soutien de la part du
gouvernement. Ratifier cette convention leur permettrait de jouir des mêmes droits que leurs
concurrentes. Les opposants défendent que la Convention limite la possibilité d’action des
États-Unis en mer. Certains vont jusqu’à avancer que, s’ils la ratifiaient, les États-Unis
seraient « prisonniers » et ne pourraient être en mesure de contrer la Chine. Les "proratifications"
soutiennent quant à eux que la stratégie maritime américaine du 21e siècle
reprenait de nombreux points exposés dans la Convention. Ils affirment également qu’il est
préférable pour les États-Unis d’entretenir une intense coopération militaire avec les pays
demandeurs, plutôt que d’établir des bases à l’étranger, à l’image de ce qui se fait
actuellement.
SEAPOWER, DAISY R. KHALIFA, pp. 10-13, 05/2012, code CESM
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