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Naval Group. Quelles conséquences de l'alliance avec Fincantieri ?
Naval Group. Quelles conséquences de l'alliance avec Fincantieri ?

Comme la veille à Brest, le rapprochement entre Naval Group et l'Italien Fincantieri est dans le viseur de la CGT. Sans nier les inquiétudes, la direction du site lorientais défend une alliance industrielle taillée pour le marché international et pour le maintien de l'emploi.

Quelles seront les conséquences d'un rapprochement entre Naval Group et l'Italien Ficantieri ? Sans attendre, la CGT joue les Cassandre. « On va tout droit vers le démantèlement du groupe et vers l'affaiblissement de son savoir-faire », s'alarme Olivier Laurent, son secrétaire général, qui ne croit pas aux bénéfices escomptés d'un tel rapprochement sur l'emploi. « Socialement, c'est l'inverse. Les effectifs vont baisser au nom de la réduction des doublons », poursuit le cégétiste qui stigmatise une politique industrielle tournée à outrance vers la sous-traitance.

« Financiarisation aux dépens du site »


La CGT ne croit pas au diktat de la compétitivité répétée par la direction générale. « Naval Group a construit, par le passé, sa force industrielle sur un principe : sa capacité à assurer l'intégralité du processus de fabrication. Pourquoi faudrait-il, par exemple, aujourd'hui renoncer à la fabrication des OPV Gowind (référence au marché avec la marine argentine) alors que nous en avons réalisé la tête de série pour la Marine nationale ? Ce sont des choix qui traduisent une financiarisation excessive ». La CGT plaide pour un recentrage sur les « armements nationaux », une orientation qui, par ailleurs, « éviterait de « tomber dans le piège dangereux d'un commerce des armes ». Pour la CGT, ce rapprochement porte en germe un risque de démantèlement. En cause, le rôle joué à l'avenir par Thalès qui détient 35 % du capital de Naval Group.

 

« Si son concurrent italien, Leonardo, entre aussi au capital, quelles seront les répercussions sur l'industriel français ? » Plus proche de nous, « le marché de l'emploi local résistera t-il avec un tel niveau de sous-traitance ? Je ne comprends pas l'inertie de nos élus locaux sur ce dossier, ni la logique industrielle de Kership dont les effectifs, faute de charge, sont très souvent employés par Naval Group. Qu'on les embauche, cela répondrait à notre déficit de coquiers ».

« Nécessaire pour relever les défis »


Pour la direction lorientaise de Naval Group, cette alliance des chantiers navals est nécessaire pour relever les prochains défis. Sur l'emploi, « les incertitudes proviennent d'abord des conséquences de la concurrence internationale », analyse Laurent Moser, le directeur du site qui comprend les interrogations suscitées par ce dossier. « La ministre de la Défense, Florence Parly, lors de son passage à Lorient l'a redit : le risque est de se replier et de ne plus être en capacité de gagner des contrats à l'export. C'est le vrai sujet. Il faut être plus fort, plus gros, c'est ce que permet ce rapprochement ». Et il n'est pas question d'envisager un repli des effectifs. Au contraire. « Hervé Guillou, le Pd-g de Naval Group s'est engagé sur le maintien des ressources à Lorient. On a déjà réalisé 100 embauches (2.000 collaborateurs sur le site de Lorient) et on compte bien ne pas s'arrêter là ». Sur la sous-traitance, « on y recourt pour absorber les variations de charge. Mais je rappelle qu'à Lorient, économiquement, il faut garantir 8.000 tonnes de bâtiments à produire par an. Sans contrats exports, les FTI (frégate de taille intermédiaire), c'est 4.500 tonnes sur 18 mois. L'export est vital pour Naval Group et les sous-traitants du bassin d'emploi. C'est l'une des ambitions majeures de ce rapprochement ».

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