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Naval Group-Fincantieri : le grand méchant pôle ?
Naval Group-Fincantieri : le grand méchant pôle ?

Le rapprochement entre Naval Group et l'Italien Fincantieri doit générer un géant européen de la construction navale militaire. Mais quelles répercussions pour Lorient ? Les syndicats sont inquiets.

Le syndicat CGT-Naval Group est, depuis plusieurs semaines, vent debout contre l'idée de rapprochement voulue par le ministère de la Défense entre Naval Group et l'Italien Fincantieri. Mercredi, lors du sommet franco-italien à Lyon, la décision est tombée. Le grand pôle naval voulu par le gouvernement est sur sa rampe de lancement. Il doit permettre de rivaliser avec la concurrence internationale, la Chine notamment.

Oui, mais voilà. À Lorient, où le plan de charge manque aujourd'hui de visibilité, c'est au tour du syndicat CFE-CGC de Naval Group et Kership de tirer la sonnette d'alarme à l'issue de cette alliance. Celle de tous les dangers pour Lorient ?

Plan de charge en baisse

« Des choix sont opérés par le gouvernement, et Naval Group doit s'en accommoder, réagit Catherine Salmon-Briand, secrétaire générale CFE-CGC Naval Group. Nous ne cachons pas notre inquiétude pour le site de Lorient. Nous avons déjà, par le passé, travaillé avec Fincantieri sur le programme Horizon. Leur savoir-faire est équivalent au nôtre. C'est bien là où est le problème : quand Hervé Guillou, PDG de Naval Group, compare cette alliance à celle de Renault-Nissan, il y a un souci. Les Renault et Nissan sont des produits différents. Or, les bateaux de surface Fincantieri et Naval Group sont les mêmes et Fincantieri va investir massivement les chantiers de Saint-Nazaire au détriment de Lorient. »

À Lorient, le plan de charge annoncé pour 2018 montre une activité de construction de coques de navires en baisse. Seuls des projets de petites unités attribués à Kership sont aujourd'hui dans les tuyaux. « Nous sommes dans un creux, jauge Catherine Salmon-Briand. On ne recrute pas. On perd des compétences. Nous pouvons admettre l'idée d'une alliance industrielle entre deux groupes quand on sait que la Chine peut, par exemple, construire un sous-marin en un mois... Encore faut-il que nos deux groupes ne fabriquent pas la même chose. Ce mécano industriel (la CGT ne dit pas les choses autrement) ne peut fonctionner qu'à une seule condition : oeuvrer sur de vrais programmes européens, où nos deux groupes se complètent en bonne intelligence. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Nous risquons une concurrence directe des Italiens. Par le passé, nous avons déjà perdu, au profit de Fincantieri, des frégates pour le Qatar... »

Pas de projets d'envergure

Quelles conséquences induites, alors, pour Lorient ? « Nous n'avons à ce jour que des hypothèses commerciales, déplore Eric Le Marchand, délégué syndical à Naval Group. Sans projets d'envergure à l'export qui remplacent les FREMM, on pourrait perdre 50 % des personnels. Il faut absolument conserver nos forces de production pour poursuivre une politique d'offres crédibles à l'international. »

 

Jean-Marie Bertho, patron de l'union régionale CFE-CGC de la métallurgie, va plus loin : « On ne peut imaginer une région Bretagne industriellement forte sans piliers : Naval Group en est un. Il faut absolument veiller à ne pas perdre le degré de savoir-faire acquis jusqu'ici. » Hervé Guillou, le PDG de Naval Group, se dit prêt à s'allier à d'autres entreprises de défense navale, en plus de Fincantieri. Un groupe de travail doit établir une feuille de route d'ici juin 2018 en vue de créer un champion européen du naval militaire.

ouest France

Tag(s) : #INFORMATIONS
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