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13 JANVIER 2016
Seul le prononcé fait foi

Messieurs les officiers généraux,
Messieurs les présidents et représentants d’associations,
Mesdames et messieurs les réservistes citoyens,
Mesdames et messieurs,

C’est pour moi un plaisir de vous recevoir ici ce soir. Cette année, j’ai souhaité
étendre mon invitation aux réservistes citoyens de la place parisienne. Vos
deux cercles que sont les associations et la réserve citoyenne forment ce que
j’appelle la « communauté du rayonnement ». Je suis attaché à la relation qui
nous unit. Elle est indispensable pour nous aider à mieux faire connaître la
marine à l’extérieur, ses missions, ses enjeux. J’ai besoin pour cela de
m’appuyer sur des relais vers la société civile. Vous êtes ces relais.
Je compte également sur vous pour m’appuyer dans certaines fonctions
essentielles à l’institution : l’entraide, le devoir de mémoire, la recherche
historique, les études, la réflexion stratégique…


Je voudrais saisir cette occasion pour vous faire un rapide point sur la marine
au tournant de cette année 2016. Nous sortons d’une année particulièrement
dense sur le plan opérationnel, mais aussi sur le plan capacitaire, avec la
poursuite de la modernisation de notre outil. Sur notre sol, 2015 a été marqué
par les attentats de janvier et de novembre. A l’extérieur de nos frontières, le
monde continue de bouger. Les marins en sont bien souvent les observateurs
privilégiés. Ils peuvent témoigner de ces évolutions. En 2016, nous devrons
rester vigilants et prêts à répondre à toutes les sollicitations. Toutes les forces
de la marine resteront mobilisées pour agir en mer et pour poursuivre le
profond travail de transformation que nous avons engagé : c’est le plan
stratégique « Horizon marine 2025 ».
Je commencerai par vous dire quelques mots sur les opérations. La marine a
été fortement sollicitée tout au long de cette année 2015. Elle a été présente
en permanence sur 4 à 5 théâtres là où le Livre Blanc n’en prévoyait que 1 à
2. Pour répondre à ce niveau de sollicitation, j’ai parfois été contraint de faire
des choix. J’ai dû privilégier certaines missions plutôt que d’autres ou annuler
notre participation à des exercices que j’ai jugés moins prioritaires dans le
contexte actuel.


Mais ma satisfaction est de constater que, cette année encore, la marine a su
démontrer toute sa réactivité, sa capacité d’adaptation, son endurance et sa
combativité.
En début d’année 2015, pas moins de 4 forces navales ont été déployées
simultanément en océan Indien sous commandement français : le groupe
aéronaval dans le cadre de l’opération CHAMMAL, le groupe « Jeanne
d’Arc », un groupe de guerre des mines et une force multinationale de lutte
contre le terrorisme (la Task force 150). A l’heure où je vous parle, le groupe
aéronaval est à nouveau déployé dans le golfe arabo-persique pour réaliser
des frappes contre Da’ech en Syrie et en Irak. Il assure le commandement de
la Task force 50, force traditionnellement sous commandement américain.
C’est un signe très fort du niveau de confiance et du degré d’interopérabilité
que nous avons atteints avec l’US Navy. Le porte-avions est escorté par une
frégate britannique et une frégate allemande. Une frégate belge était à ses
côtés il y a quelques jours encore. Cela démontre notre capacité à agréger les
marines européennes autour de l’outil de puissance qu’est le porte-avions
pour un objectif commun.
Nous avons maintenu la permanence de nos moyens en Méditerranée
orientale. Ils jouent un rôle essentiel dans le renseignement de nos autorités
politiques et militaires sur la situation en mer et à terre.


Nous participons à l’opération SOPHIA de lutte contre les passeurs de
migrants en Méditerranée centrale. Nous avons maintenu en permanence un
à deux bâtiments déployés dans le cadre de la mission CORYMBE dans le
golfe de Guinée. Initialement prévue pour assurer la protection de nos intérêts
et de nos ressortissants en Afrique de l’ouest, CORYMBE comprend
maintenant un volet de formation des marines riveraines : c’est le volet NEMO.
En Atlantique et dans le grand nord, nous entretenons notre connaissance des
espaces maritimes et des activités qui s’y déroulent. La marine a poursuivi sa
participation à l’opération BARKHANE et a contribué à certains de ses succès
opérationnels.
Pour prendre en compte la dégradation du contexte sécuritaire sur le territoire
national, la marine a renforcé son dispositif de défense maritime du territoire.
Ce dispositif repose sur les sémaphores, les centres régionaux opérationnels
de surveillance et de sauvetage (CROSS), les fusiliers marins, les gendarmes
maritimes, les moyens déployés au large de nos côtes. Ils assurent la
surveillance de nos approches et de nos installations sensibles. Un dispositif
d’alerte se tient prêt à intervenir en cas de nécessité. Nous avons renforcé la
protection de nos emprises militaires.


Dans le domaine de l’action de l’Etat en mer, le bilan parle pour lui-même :
une personne secourue chaque jour, 7 tonnes de drogue retirés du marché,
3 000 migrants secourus (dont plus de la moitié à Mayotte), 2 500 munitions
historiques datant des deux guerres mondiales neutralisées, plusieurs
dizaines de bâtiments en infraction déroutés dans le cadre de la police des
pêches…
Enfin, nous avons maintenu sans discontinuer la posture de dissuasion
nucléaire, avec la permanence à la mer d’au moins un sous-marin nucléaire
lanceur d’engins. L’ensemble des composantes de la marine participe à cette
mission.
En 2016, à n’en pas douter, nos moyens continueront de connaître un niveau
d’engagement élevé.
Nous avons poursuivi la modernisation de notre outil tout au long de cette
année 2015. Le plan stratégique « Horizon marine 2025 » est notre fil
directeur. Il constitue pour la marine une révolution plutôt qu’une évolution. La
marine fait un saut générationnel dans tous les domaines. Les équipements,
les ressources humaines, les organisations, le soutien, les écoles : aucun
aspect ne sortira inchangé de cette transformation.


Cette année a été marquée par le déménagement des états-majors parisiens
à Balard, mais aussi à Tours et à Vincennes. Nous avons adapté nos modes
de fonctionnement à la suite de ce déménagement.
En 2015, nous avons mené d’importants travaux : actualisation de la loi de
programmation militaire, évolution de notre politique RH, poursuite de nos
programmes d’armement… J’ai prononcé il y a peu l’admission au service actif
de la FREMM Aquitaine. Équipées d’un hélicoptère Caïman et prochainement
du missile de croisière navale, les FREMM sont de formidables outils pour les
opérations en haute mer et vers la terre. Leurs performances en lutte anti
sous-marine sont remarquables. Le missile de croisière naval apportera une
nouvelle capacité stratégique au chef des armées. Le groupe aéronaval
déployé aujourd’hui dans le golfe arabo-persique préfigure ce que sera la
marine en 2025.
Il comprend deux FREMM et une frégate de défense aérienne avec leurs
hélicoptères Caïman. Le groupe aérien est composé majoritairement de
Rafale.
2016 sera elle aussi une année dense. Toute la marine est mobilisée autour
de la mise en œuvre de « Horizon marine 2025 ». Parmi les travaux attendus
cette année :


 En plus de deux nouvelles FREMM, nous admettrons au service actif
deux bâtiments multimissions et passerons commande de deux BSAH
(bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers). Les B2M sont destinés
à assurer des missions de soutien logistique outre-mer. Les BSAH
réaliseront des missions de soutien d’assistance et de remorquage, vis
à-vis de nos forces et dans le cadre de l’action de l’Etat en mer.
 Nous ouvrirons une école des mousses à Cherbourg. L’école des
mousses permet de recruter des jeunes sans qualification et de leur offrir
une première expérience professionnelle. C’est une formule qui donne
pleine satisfaction. Les mousses formés à Cherbourg occuperont des
postes dans les métiers de l’hôtellerie.
 Nous poursuivrons nos travaux sur la génération de compétences. Pour
la marine, l’enjeu des compétences est l’enjeu majeur des années à
venir. Avec le « tout technologique », la structure RH de la marine évolue
profondément. D’une structure pyramidale, les équipages passent à une
structure « en sapin », avec moins de postes d’opérateurs et plus de
postes de techniciens hautement qualifiés. Je dois continuer à former
des techniciens de haut niveau à partir d’une base nettement plus
réduite. C’est un véritable défi pour la marine. Nous travaillons
aujourd’hui à des solutions innovantes pour le relever.



Voilà les quelques messages que je souhaitais vous faire passer aujourd’hui.
Avant de terminer, je tenais à vous redire toute ma reconnaissance pour
l’investissement que vous consentez à la marine à travers vos actions de
rayonnement et d’entraide. Nous avons instauré depuis l’année dernière des
rendez-vous réguliers pour vous tenir informés des actualités de la marine. J’ai
rencontré les associations à l’automne. Je verrai les réservistes citoyens au
printemps prochain. J’espère par ce biais contribuer à renforcer encore
davantage les liens qui nous unissent.
Je tiens aussi à saluer le travail réalisé par l’amiral Rousseau et ses équipes
du centre d’études stratégiques de la marine. Ils entretiennent ces liens au
quotidien. Ils le font avec beaucoup de sérieux et d’enthousiasme.
Je terminerai en vous souhaitant, ainsi qu’à vos proches, une excellente
année 2016, source de satisfactions, petites et grandes. Je vous remercie.
Seul le prononcé fait foi

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